vendredi 7 novembre 2008

L'Homme de Picardie


Je pars en campagne (à la campagne) sur les routes de Picardie, première étape d'un parcours qui doit me mener vers les plus hautes sphères de l'Etat. Mon nom de scène est Mo-Bama et mon slogan est : "Oui, je peux !" La Somme, c'est mon Iowa à moi...
A bientôt pour des nouvelles du festival !

jeudi 6 novembre 2008

Le Triomphe de Bacchus

Ridley or Tony ?


Waiter, one Scott, please ?
What Scott ? Ridley or Tony ?
Ce dialogue imaginaire, sorti de mon imagination aussi aride que le désert du Gobi, n'est pas issu d'un bar enfumé dans lequel un borracho demande son huitième dernier verre avant de ramener ses huit grammes de sang dans son alcool sous un abri de fortune construit à l'aide de cartons de marché... mais de la sortie de projection de Mensonges d'Etat, le dernier film de Ridley Scott (ou de Tony, je ne sais plus)
Quoiqu'il en soit, malgré une affiche prestigieuse (Russell Crowe et Leo Di Caprio à la baguette), le film n'échappe pas à l'impression que le film aurait été plus réussi s'il avait été réalisé par son frère, Tony, qui maîtrise mieux les univers politico-paranoïaques que Ridley... Bien que plus illustre, Ridley Scott mérite le prix incontesté de la plus grande résurrection de l'histoire récente du cinéma... Gladiator l'a remis dans les rails du succès alors que sa trajectoire, parfaite jusque là (Alien, Blade runner, Thelma et Louise,...), commençait dangereusement à dérailler. Depuis, ce born again director enchaîne les films qui ne sont pas tous pour autant des réussites en s'appliquant de retrouver régulièrement son lucky charm favori, Russell Crowe... Pour ma part, mon Ridley Scott préféré des années 2000 reste Black Hawk down.
Pendant ce temps-là, Tony observe une veine plus commerciale, mais dont la cohérence thématique est remarquable. Sa première période est marquée par le succès fulgurant de Top gun et Le Flic de Beverly Hills II, avant d'entamer également une traversée du désert (bien que marquée par la réalisation de True romance dont le scénario est signé par Tarantino qui considère Tony comme un maître) qui s'interrompt avec sa rencontre avec son acteur de prédilection, Denzel Washington... Man of fire (remarquable réalisation) et Déjà-vu sont deux des fleurons de cette fructueuse collaboration.
Mensonges d'Etat marche sur les plates bandes du très réussi Ennemi d'Etat, le film de Tony Scott sur la NSA, mais n'arrive jamais à trouver son rythme. Les personnages ont un problème évident de définition et peinent à dépasser le stade de la caricature. Le scénario composé par le scénariste des Infiltrés, dont la trame est par ailleurs comparable puisqu'elle repose sur le double jeu et le mensonge d'agents de la CIA (ou des services secrets jordaniens) au gré de l'évolution de l'histoire, manque d'inspiration. Quant à la réalisation, elle est un peu molle...
Ridley, laisse ce genre de films à Tony la prochaine fois, s'il te plait... Retourne filmer des croisés ou des gladiateurs !

mercredi 5 novembre 2008

Yes we can

Barack Obama est le 44ème président des Etats Unis... Meilleure nouvelle de l'année ! Son élection met fin à huit années de "bushisme-cheneyisme" que le monde risque encore de garder en travers de la gorge comme un bretzel avalé à la va-vite... Rien ne pouvait stopper la marche triomphale du sénateur de l'Illinois, surtout quand on a un directeur de campagne qui n'est autre que Yoda, comme le prouve son slogan : "Change we need" La force était avec lui... et espérons-le avec l'Amérique... Finalement, le monde libre, auquel se réclamait la droite religieuse dans ses combats douteux pour le profit, est symbolisé on ne peut mieux par un président jeune, charismatique, compétent (on a tendance à l'oublier) et représentatif d'une Nation multiculturelle...

A propos de Président, le biographe attitré des locataires de la Maison Blanche, j'ai nommé Oliver Stone, a encore frappé avec W. que je n'ai pas encore vu. Je n'avais plus vu de films de ce réalisateur star des années 80 (Salvador, Platoon, Wall street, The Doors, Né un quatre juillet) depuis JFK en 1991. Il s'est ensuite fourvoyé dans des films au montage tellement rapide qu'il faudrait un avertissement pour les épileptiques. (Je défie quiconque arrivera à compter le nombre de plans dans Tueurs nés et L'Enfer du dimanche) Lorsqu'il a réalisé World Trade center, j'ai levé les yeux au ciel en soupirant, regrettant la disparition du vétéran du Viet nam, du maverick qui ne cessait de remettre en cause l'establishment. Bien sûr, il voulait rendre hommage aux pompiers new-yorkais qui le méritaient bien... Mais ce déploiement de bons sentiments était si éloigné de lui qu'il en parut suspect. Lui, l'ancien du Viet Nam volerait-il au secours de l'homme qui a provoqué une autre guerre injuste en Irak ?
J'ai renoué avec Stone à l'occasion du visionnage en DVD de Nixon (1995) avec Anthony Hopkins dans le rôle-titre. A ma grande surprise, j'ai beaucoup aimé ce film-fleuve de 3h03' (j'ai mis le DVD dans mon lecteur à 17h42 et l'ai retiré à 22h29 après quelques pauses dodo, pipi et dîner). Stone insiste sur la dimension shakespearo-kurosawienne d'un personnage complexé qui accède aux plus hautes sphères du pouvoir après avoir essuyé plusieurs échecs sans pour autant acquérir la popularité qu'il recherchait. Un homme dont l'Histoire retiendra qu'il est tombé sous les magouilles liées au Watergate et qu'il a été contraint de démissionner de la fonction suprême... L'étude du personnage est passionnante. Quant à Hopkins, il incarne Tricky Dick avec beaucoup de nuances, ne cherchant pas à lui ressembler physiquement , même s'il parvient à merveille à rendre ce sourire crispé qui est la marque de fabrique de Nixon. Les coulisses du pouvoir sont extrêmement bien dépeintes.
J'irai peut-être voir W. car j'apprécie beaucoup Josh Brolin (génial dans le non moins génial No country for old men des frères Coen dont je ne sais pas pourquoi je n'ai pas encore acheté le DVD...)

Mais avant tout ça, GOD BLESS OBAMA

PS : Au fait, on peut libérer cet oiseau de mauvaise augure de Michael Moore à présent... Il ne peut plus faire de pamphlet anti-Bush qui aurait porté préjudice à Barack Obama comme Fahrenheit 911 a pénalisé John Kerry en 2004...

PPS : toutes ces émotions me donnent envie d'écouter le Boss, Bruce Springsteeen
BOOOORN IN THE USAAAAAAAA

samedi 1 novembre 2008

Quantum of solace



Quand un film sort en salles le vendredi en France, c'est que ça sent l'événement à plein nez, le film à ne rater sous aucun prétexte et qu'il faut voir immédiatement en sortie de groupe le jour même. Le dernier James Bond, Quantum of solace (dont le titre fait plutôt penser à l'ordre du jour d'un séminaire de scientifiques chargés d'étudier la question de la fission atomique), répond à cette catégorie. Impatience avant la projection, buzz positif sur Internet, un Daniel Craig annoncé au sommet de sa forme (manquerait plus qu'il ait une baisse de tension), un précédent opus de grande qualité (Casino royale figure parmi les épisodes les plus réussis de la saga), une James Bond girl venue du froid ressuscitant les fantasmes de la guerre froide, Matthieu Amalric en super vilain s'annonçant dans la lignée du Michael Lonsdale de Moonraker (dans le style acteur sérieux de film d'auteur intimiste français qui se confronte à l'espion costumé) : tous les ingrédients étaient réunis pour... une plantade munmentale et ça n'a pas loupé...
Au titre de la déception de l'année, Quantum of solace rivalise avec le pourtant mauvais Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal... The Dark knight, l'extraordinaire Batman réalisé par Christopher Nolan, peut dormir sur ses deux oreilles... Il détient encore le titre de meilleur film de l'année et de meilleure renaissance d'une franchise selon mon jugemnt divin purement subjectif.
Daniel Craig est certes crédible en espion qui tient plus du tueur à gages que du charmeur désinvolte à la Sean Moore et Roger Connery... Il est un acteur de grande classe et d'une forte intensité dans la lignée du Steve MacQueen auquel il ressemble physiquement... Bref, un des meilleurs acteurs actuels et sans doute un James Bond convaincant... Mais le scénario n'oppose que des scènes d'action en enfilade avec des situations convenues... Mais où est donc passé l'extraordinaire scène de poker de Casino royale dont l'intensité dramatique donnait encore plus de consistance aux scènes d'action qui l'entoure ? Je lance également un avis de recherche au sujet des James Bond girls. Le duo Olga Kurylenko-Gemma Arterton figure sûrement dans la fourchette basse. Eva Green avait ce charme crépusculaire et un glamour empreint de mystère... Et en plus, elle savait jouer, la bougresse ! Quant à Caterina Murino, elle vient parfois égayer mes rêves (fantasmes serait le mot le plus approprié...) les plus fous... Charme, glamour, sex appeal : tout ce que ne possède pas Olga. Le couple Craig-Kurylenko se cherche pendant tout le film sans parvenir à se trouver. La belle (?) ukrainienne au bronzage superficiel (on aurait dit qu'elle s'est passé le corps au cirage) est manifestement une erreur de casting. Son visage poupon, sa moue constante, son regard frondeur ne correspond pas à la fille d'un responsable sud-américain cherchant à venger son père assassiné. Elle ferait mieux d'aller minauder sur les courts de tennis avec ses consoeurs aux longues jambes Sharapova ou Kournikova. C'est bien beau de choisir un mannequin, mais encore faut-il qu'elle sache jouer un minimum la comédie. Les scénaristes, dont le talentueux Paul Haggis ci-devant scénariste de Million dollar baby et réalisateur de Collision et Dans la vallée d'Elah, ont sacrifié le tout technologique qui présidait aux destinées de l'agent secret le plus célèbre du monde, mais l'empilage des scènes d'action souffrent de la comparaison avec Jason Bourne et ne renouvellent pas le genre (bien que la séquence d'ouverture soit réussie).
Des choses à sauver dans ce James Bond ? Daniel Craig et Matthieu Amalric sont impeccables., les lieux sont toujours aussi évocateurs (je veux aller à Sienne...), le générique animé et c'est tout...
Le véritable moment de bravoure du film se situait en fait avant la projection... La séance était complète depuis quelques heures et je n'avais pas réservé de places au contraire de mes complices de sortie qui étaient plus prévoyants... Ma meilleure amie râlait et maugréait contre la Terre entière... Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, on se résoud à réserver une place pour le Woody Allen dans la même salle et de retrouver nos acolytes à la sortie du film... On dépasse donc la longue file des spectateurs détenteurs du précieux sésame pour se rendre à notre séance... Un de nos complices a eu une petite contrariété avec sa place réservée et est allé se plaindre auprès des personnes chargées de faire respecter l'ordre. Devant la cohue, on se faufile parmi la foule et on pousse jusqu'à la salle où le James Bond était projeté... Mon amie me disait : "Qu'est-ce qu'on fait ?" Avec toute la conviction qui me caractérise dans ce genre de situation, je lui réponds : "On y va..." Résultat des courses : on a vu le James Bond sans faire la queue en étant placée en tribune d'honneur, le tout sans avoir réservé des heures à l'avance. Du grand art ! Du coup, la soirée a été excellente... Cela m'a rappelé ma tendre adolescence pendant laquelle je resquillais pour aller voir les films... Parmi mes "victimes" de l'époque figuraient Tuer n'est pas jouer (The Living daylights), un James Bond avec Timothy Dalton...
Moralité : Bien mal acquis profite...


Découvrez a-ha!



dimanche 26 octobre 2008

Trou noir


Cette période de l'année est toujours désagréable. Le passage à l'heure d'hiver marque l'entrée de plain pied dans l'hiver. Une heure en moins de soleil d'un coup ! Quel traumatisme ! On a beau nous rebattre les oreilles sur le fait qu'on dorme une heure de plus, je n'arrive pas à m'y faire... Comme si le but ultime de la vie de l'homme était de dormir de tout son soûl...
A trois heures du matin, il était donc deux heures... Je me suis donc mis devant mon ordinateur (à surfer sur Internet dans l'attente que Morphée et son complice le marchand de sable ne sifflent la fin du match et me tirent de mes insomnies chroniques...) à l'heure fatidique dans l'espoir de rajeunir d'une heure d'un coup... J'ai donc expérimenté le saut temporel en flash back en temps réel... Peut-être qu'en affichant à nouveau sur les 2 heures, je revivrai les mêmes instants qu'une heure plus tôt à l'infini, à l'instar du personnage de Bill Murray dans Un Jour sans fin, le film d'Harold Ramis (1993)... Horreur !


Découvrez UB40!


A propos de hiatus temporel, deux événements très récents me font douter de ma santé mentale.
La semaine dernière, je vais tirer au distributeur les derniers sous rescapés de mon escapade madrilène afin de les engloutir dans les magasins parisiens. Cette satanée machine refuse d'obtempérer à ma requête malgré les sommations d'usage. En signe de défiance, elle avale ma carte. Je maugrée bruyamment, formule des insultes en serbo-croate (je manifeste souvent ma colère dans cette langue) et promets de revenir le lendemain récupérer ma carte contre vents, marées et ouragan... Next morning. Je me rends dans l'agence incriminée pour réclamer mon dû. L'hôtesse regarde les cartes récupérée le matin même. Pas de trace de la mienne. Pendant qu'elle inspectait son caisson, je regarde machinalement dans mon portefeuille et à ma plus grande stupeur, je vois ma carte bleue confortablement calée entre ma carte de la Cinémathèque et ma carte vitale... Je garde ma contenance pour ne pas paraître stupide devant cette pauvre femme que j'étais prêt à accuser de tous les maux en lui demandant si elle était sûre de ne pas la trouver. Elle acquisce. Je guette une issue de secours dans la conversation en meublant quelque peu. Qu'est-ce que je peux faire ? Elle me suggère de contacter ma banque pour faire opposition. Je saisis la balle au bond et sors de l'agence en la saluant.
Le fait est que je n'ai aucun souvenir d'avoir retiré et introduit la carte bleue dans mon portefeuille alors que je suis sûr de l'avoir introduite dans le distributeur.
Je ne sais pas par quel tour de passe-passe digne de Garcimore elle a pu réintégrer son emplacement... J'ai beau repassé la scène au ralenti (comme dans X-Or, le shérif de l'espace), rien n'affleure à la surface de ma mémoire... Le trou noir dans toute sa splendeur...

Mais cet épisode de la Quatrième Dimension (ma série préférée de tous les temps) n'est rien en comparaison de ce qu'il m'est arrivé le mois précédent à la FNAC. Un agent de sécurité est venu à ma caisse changer les décapsuleurs magnétiques d'antivol en forme de boîtiers transparents où sont installées jeux ou logiciels. Il procède à l'opération près de ma caisse pendant que je m'affaire à mes obligations de caissier, tout occupé à satisfaire la clientèle de ce temple de la consommation. Son collègue arrive pour me demander si les nouveaux dispositifs antivols sont opérationnels. Je le regarde dans les yeux et lui dit avec assurrance : "quels dispositifs ?" "Ceux qu'on vient juste d'installer à ta caisse..."Quand ?", lui répondis-je avec une expression d'étonnement dans mon visage. "A l'instant", rétorqua-t-il en manifestant une certaine insistance. Je lui dis alors fébrilement que personne était passé à ma caisse pour changer quoi que ce soit. Il part alors en se demandant encore quel tour pendable j'ai bien pu lui jouer. Il revient à la charge 5 minutes plus tard en s'énervant passablement. "Bon, maintenant, tu arrêtes ta comédie et tu me dis si ces dispositifs marchent..." Je campe sur mes positions en lui affirmant solennellement que je n'ai vu personne venir installer quelque chose à ma caisse en essayant de capter un regard de soutien auprès de ma caissière voisine... Il me dit qu'il revient du PC Sécurité et qu'il a visionné la bande vidéo qui a enregistré l'opération et me somme de dire ce que je pensais de ces fichus dispositifs. Je balbutie et me mets à trembler... Je jure mes grands dieux de ne plus m'en rappeler et lui dit que les dispositifs sont opérationnels et que je déverrouille les antivols sans difficulté apparente, ce qui cpontenta mon interlocuteur. Mais je n'ai aucun souvenir de cette opération qui a pourtant dû durer au moins cinq bonnes minutes... En plus, il y a une preuve matérielle de ce forfait, puisque j'ai été filmé.
Je donnerai n'importe quoi pour visonner cette bande et tirer cette affaire au clair puisqu'à l'heure actuelle, je peux encore jurer qu'il ne s'est rien passé ce jour-là à ma caisse...
Ma mémoire sélective me joue décidément bien des tours... Et c'est inquiétant !

samedi 25 octobre 2008

La Forge de Vulcain

Campbell

On a tous en tête des objets mythiques dont on connaît l'image sans avoir vu l'objet dont ladite image est tirée... On tous un jour rêvé de rencontré le modèle dont le peintre, ou son descendant le photographe, a immortalisé l'empreinte pour la laisser à l'appréciation (au jugement) des générations futures...

J'ai réalisé ce rêve... Oui, moi, auteur émérite de ces modestes lignes, dont les yeux se sont posés sur un des modèles les plus reproduits de l'Histoire de l'Art... Pas question de croiser madame Joconde, ni même Olympia (alias Victorine Meurent, le modèle de Manet)...

Flash-back. Comme vous ne l'ignorez pas, j'ai la nostalgie de mon séjour madrilène. Je me suis donc rendu à La Grande Epicerie (une vraie caverne d'Ali Baba, cet endroit, que je recommande de visiter à toute personne aimant la bonne chère et les bons vins) pour trouver fromages, sauces et desserts originaires d'Espagne. J'y ai trouvé du manchego vielli, cet exquis fromage de brebis venant de la Manche (en Espagne, pas en Normandie) et du membrillo, cette pâte de coing que Mimiche mangerait sur la tête d'un lépreux. Ma mission brillamment acccomplie, je déambule vagabondement sans but précis au gré des rayons classés comme les lecteurs de DVD selon des zones géographiques. Quand, tout à coup, je suis suis littéralement scotché sur place frappé de stupeur et de stupéfaction, pris par un mouvement de recul de celui qui n'en croit pas ses yeux... Je me pince, remue la tête pour rassembler mes esprits, m'approche et recule pour mieux saisir la portée de ce qui se trouve majestueusement devant moi. Au Rayon de sa très grâcieuse majesté que Dieu a la mission sacrée de sauver, à savoir la perfide Albion, alias l'Angleterre, je suis tombe nez à nez sur une boîte de soupe Campbell. THE modèle d'Andy Warhol himself. Le velouté de tomate le plus célèbre de l'Histoire de l'Art... Les derniers objets qui m'aient autant impressionné étaient l'Oscar d'Honneur attribué à Henri Langlois pour l'ensemble de son oeuvre et exposé dans le musée de la Cinémathèque (les images de tous les glorieux récipiendaires de cette précieuse statuette se sont précipités dans mon esprits, tous ces réalisateurs - de John Huston à Martin Scorsese, en passant par Clint Eastwood, John Ford ou Elia Kazan, mais ni Alfred Hitchcock, ni Stanley Kubrick - et ces acteurs/trices - Katharine Hepburn, Marlon Brando, Robert De Niro, Liz Taylor, le regretté Paul Newman, et j'en passe - me sont revenus en pleine poire en même temps... Sentiment exquis !) et les neuf Coupes d'Europe gagnées par le Real Madrid (bien que je sois un fan déclaré et affiché du FC Barcelone) alignées les unes à côté des autres que j'ai compté et recompté des dizaines de fois tellement ce chiffre (9 coupes d'Europe alors que les clubs français n'en ont remporté qu'une seule) me semblait incongru...

J'en achète 3 exemplaires, un pour moi, un pour Boboche (l'auteur de la photo ci-dessous à qui reviennent les droits de reproduction) et surtout un pour Mimiche, spécialiste mondialement reconnu dans tout le 13ème arrondissement d'Andy Warhol, sérigraphiste en chef que le tout Château-Rouge s'arrache pour agrémenter ses soirées. Ce dernier a eu la même expression d'incrédulité que Vulcain lorsque cette balance d'Apollon vient lui apprendre dans sa toile que Venus lui met les cornes dans la toile de Velazquez exposé au musée du Prado. Un sentiment d'effroi suivi instantanément de la joie profonde de l'archéologue qui découvre le trésor de Rackham le Rouge, la tombe des rois Etrusques et la dépouille de Cléopâtre (aux dernières nouvelles, Liz Taylor est pourtant toujours vivante). Bref, l'événement le plus important depuis depuis que l'homme a marché sur la Terre, c'est-à-dire infiniment plus longtemps avant qu'il a fait son pas de géant sur la Lune.

Mais, lecteur avide de savoir et de connaissance, je sens déjà la question qui agite ton esprit : quel est le goût de la soupe Campbell's ? est-elle bonne ? Mais, mon bon monsieur, on ne goûte pas une soupe Campbell une soupe passée aux trois légumes de Knorr... On l'expose, on la met sous cloche... Quel manque de goût, ce lecteur lambda alors !


Le modèle...

...et sa représentation

jeudi 23 octobre 2008

Amiens


Découvrez Bruno Pelletier!


Depuis mon retour de Madrid, je suis un peu mou et démotivé... Je me traîne comme une limace et je suis encore plus crevé en me levant que je ne l'étais avant de me coucher... C'est la décompression après deux semaines intenses entre l'Espagne et mon retour... J'avais rien envie de foutre jusqu'à aujourd'hui. Une nouvelle m'a redonné le goût, si ce n'est de la vie (je ne l'avais pas perdu, celui-là), du moins de sourire. Je vais assister au festival d'Amiens au mois de novembre... Comment peut-on être aussi excité quand on passe de la capitale du Royaume de Castille à la patrie de l'infâme suppôt de Satan (alias Sarko) Jean-Pierre Pernaut et d'Elodie Gossuin (miss France à l'époque où les miss ne fôlatraient pas dans des postures lascives à faire défriser la prude madame de Fontenay...), célèbre pour avoir assiter à cette orgie démoniaque" TF1esque" appelée La Ferme des célébrités (à moins que ce ne soit de son vulgaire avatar tout aussi orgiaque intitulé 1ère compagnie)(bref un téléréalité à la noix et à la gomme en même temps) ?
Tout d'abord le programme des réjouissances est alléchant : des hommages à Mark Rydell, le patron de l'Actors Studio, une rétrospective Cy Endfield et une autre consacrée à Claude Chabrol... Je vais donc me régaler ! Mais le clou du spectcle, c'est la cathédrale d'Amiens, classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco, qui détient le titre de plus grande cathédrale de France... J'ai mis une demi-heure pour lire tout l'article dans Wikipédia que vous pouvez prendre connaissance ICI Après la cathédrale de Tolède (qui m'a profondément marqué à tel point qu'il a presque fallu que la Guardia Civil m'y chasse à l'heure de la fermeture), celle d'Amiens va encore me déchirer...
J'ai d'ailleurs pillé le site de toutes ces jolies photos qui constituent un avant-bouche à ce qui m'attend le mois prochain. Mais promis, juré, craché, je publierai des photos prises avec mon appareil photo à mon retour de Picardie...






vendredi 17 octobre 2008

Dennis Hopper


Depuis que je suis rentré de Madrid, j'ai gardé une activité culturelle intense. Ainsi, je me suis rendu au vernissage de l'exposition consacrée à Dennis Hopper à la Cinémathèque Française. Le moins que je puisse écrire est que je suis resté sur ma faim. L'impasse sur un film aussi important qu'Easy rider m'a semblé particulièrement lourde à digérer (seuls quelques extraits, ainsi qu'une page de scénario, viennent rappeler la présence de ce film fondateur). Peu de passerelles avec les autres figures du Nouvel Hollywood (Scorsese, Coppola, Friedkin, Milius, Nicholson, Evans, Rafelson, Lucas, Evans, etc...) sont effectuées alors que l'intitulé indique clairement que l'expo s'appelle "Dennis Hopper et le Nouvel Hollywood." A ma connaissance, ni Andy Warhol, ni Jean-Michel Basquiat, ni Robert Rauschenberg ne faisaient partie du Nouvel Hollywood... Reste son oeuvre artistique qui demeurait encore méconnue jusqu'à présent... Qu'aurait-elle valu, malgré une sensibilité et un talent certain, sans l'amitié qu'il cultivait avec les grands peintres précités ? Ses photographies valent principalement pour leurs sujets et la période qui les entoure. Encore celle-ci est-elle balayée au rang de souvenirs qui fait de Hopper un dinosaure plus qu'un survivant... Le clou du projet consiste à exposer des photos de Dennis Hopper en train de rincer un verre de lait ou de se brosser les dents. Pourquoi pas en train de passer l'aspirateur tant qu'on y est ??? Bref, vous aurez aisément compris que j'ai été déçu par cette exposition qui montre à quel point cette entreprise est casse-gueule pour le cinéma (le côté fourre-tout et mélange des genres est rarement convaincant). Je comptais voir ses films pour lui rendre un certain honneur, mais je n'ai guère été enthousiasmé par The Last movie (1971), malgré la présence de Samuel Fuller, le deuxième film complètement décousu qu'il a réalisé au Pérou après son OVNI Easy rider. Après l'échec de ce film, Hopper a attendu 9 longues années avant de réaliser un film.
En gros, j'ai eu l'impression d'être en face d'un artiste surévalué qui ne vaut que parles solides amitiés qu'il s'est forgé pendant une période plutôt riche.

Dennis Hopper par Andy Warhol d'après un photogramme tiré de The Last movie.

Avant-première

Bouhhh ! Madrid me manque... Je veux mes churros avec un chocolat bien épais au petit déjeuner... Je veux parler en espagnol et sortir en T-shirt (encore que je n'ai pas trop à me plaindre de ce début d'automne parisien, côté météo). M'en fous, je vais aller bosser avec un T-shirt débile de Don Quijote...

Je clos (momentanément) le chapitre lamentations... A Madrid, j'étais poursuivi par le cinéma. Vous avez vu que le Ciné Doré a une chouette gueule. Je n'y suis pas allé, car j'avais déjà vu les films de Monicelli qui y étaient programmés pendant mon séjour. Mais l'avantage quand on se rend à l'étranger, c'est qu'on peut voir en avant-première des films qui ne sortiront dans le territoire français que dans quelques mois. Les mystères de la distribution sont impénétrables (j'aimerais pourtant bien les pénétrer afin de sortir de ma condition de caissier...) et certains marchés sont plus favorables à certaines périodes dans certains pays.

J'ai donc vu El Che : El Argentino, de Steven Soderbergh, de Steven Soderbergh, un excellent film magnifié par Benicio del Toro, impeccable en Che, sans fausse note alors que l'écueil du mythe révolutionnaire était difficile à éviter... Le film s'attache surtout à démontrer comment Castro et ses fidèles (excusez-moi le jeu de mots facile) ont mené la révolte contre le dictateur Batista et dénoue les enjeux politiques de cette prise de pouvoir grâce à une construction "flash-backesque." J'attends la deuxième partie avec impatience. Spectateurs français, la sortie de la première partie est prévue pour le 7 janvier.


Autre film vu : Burn after reading, des Coen bros. Un film léger dans lequel le tragique rejoint le burlesque (ou l'inverse) dont le défaut majeur est de succéder à /No country for old men/ avec qui la comparaison joue en sa défaveur. Mais toujours aussi jubilatoire... Deuc nouveaux venus dans l'univers des frangins : John Malkovich en agent de la Cia déchu et Brad Pitt en prof de gym débile. Patience jusqu'au 10 décembre pour le découvrir sur les écrans français...


mardi 14 octobre 2008

Madrid

Vous avez cru que je refaisais le coup de ce printemps et que j'entrais à nouveau dans une période d'hibernation... Vous pensiez que j'étais parti sous des latitudes plus propices à une élévation spirituelle... Vous aviez raison ! Je rentre d'un exil madrilène qui a duré 10 jours... Ben quoi ! J'ai le droit de prendre des vacances, non ? ça doit faire 3 ans que j'en ai pas pris... Bon d'accord, j'ai passé 5 jours à Bruxelles l'an dernier, mais il pleuvait plus qu'e pendant le Déluge... Pour un peu, je me serais cru à la Nouvelle Orléans à l'époque de Katrina.
Le retour est d'autant plus difficile que le séjour madrilène fut dense et intense. J'ai visité tout ce qu'il y avait de visitable, et même au-delà... Du stade Santiago Bernabeu où j'ai assisté à un match de foot du Real Madrid (alors que je suis un supporter invétéré du grand rival, le FC Barcelone) au Palais Royal, en passant par Tolède (quelle merveille de ville-musée !)... sans oublier les musées. Goya, Velazquez, Picasso, Dali, El Greco, Jerome Bosch, Miro, le Titien furent des compagnons de vacances très impressionnants... Comment passer sous silence le choc de la vision du Guernica de Picasso au musée de la Reina Sofia ? Don Quichotte et Sancho Panza m'ont également fait l'honneur de leur présence symbolique... J'ai même assisté au défilé militaire de la fête nationale espagnole du 12 octobre, alors que je n'ai jamais mis les pieds au 14 juillet...
Après ça, allez à la FNAC vendre des CD de Benabar ou de Julien Clerc !!!
Olé y viva España !

PS : Comme un fait exprès, mon hôtel, situé en face du musée du Prado, était à deux pas de la Cinémathèque espagnole (dont une photo est disponible en illustration de cet article)... Ironie du sort ? En outre, la rétrospective Mario Monicelli (dont je me suis tapé une bonne dizaine de films ce printemps à Paris) y était programmé...


La façade art déco de la Filmoteca española vaut le détour à elle toute seule

Le Temple de Debod a été offert à l'Espagne par l'Egypte en remerciement d'aides pour des fouilles en 1971

La Plaza de toros de Las Ventas est la plus grande arène d'Espagne, celle où les plus grands toreros ont planté leurs banderilles. Je ne suis pas fan de corridas, mais passage obligé en Espagne pour supporter le taureau...

Les tours Kia en haut du Paseo de la Castellana et la place de Castille... L'architecture moderne côtoie les monuments traditionnels.

La statue de Don Quichotte (avec moi à la place du fidèle Sancho Panza) devant le monument à Cervantès sur la place d'Espagne

Moi dans les tribunes du stade Santiago Bernabeu à l'occasion du match Real Madrid-Espanyol de Barcelone... J'y étais !

lundi 29 septembre 2008

Paul Newman (1923-2008)

Un nouveau géant est parti... Un immense acteur, doublé d'un grand pilote, triplé d'un homme engagé et quadruplé d'un saucier caritatif avisé... Comme les images valent mieux qu'un long discours, quelques affiches de ses films les plus mémorables (en tout cas ceux que je préfère...)
So long, Paul !

Double hommage à Paulo et au grand Scott Joplin, l'auteur le moins connu de la musique la plus connue, The entertainer, l'inventeur du ragtime, mort dans la misère en 1917. On a rien vu de tel depuis Guillaume Tell (ou Diane Tell), dixit Mimiche...


Découvrez Scott Joplin!












vendredi 26 septembre 2008

Actors Studio

Dans la série "On a tout essayé", on demande l'acteur... Faites la queue pour les autographes et ne bousculez pas, y en aura pour tout le monde... J'ai tourné dans un film de Resnais ! C'est mon passeport pour une gloire éternelle (même si je n'ai vu aucun de ses films ultérieurs à L'Année dernière à Marienbad qui date quand même de 1963) Je me retrouve donc mardi dernier derrière le théâtre du Rond Point pour le tournage d'une scène de figuration dans le très attendu film d'Alain Resnais (je sais, j'en fais des tonnes !) Il y avait des professionnels de la figuration qui écument les tournages dans le vain espoir d'être repérés par un réalisateur clairvoyant pour jouer dans un hypothétique film... Sans vouloir être rabat-joie, je n'y crois pas une seule seconde Cette situation n'existe précisément que dans les films... Pygmalion est mort depuis longtemps ! Bref, situation assez cocasse où certains figurants se demandaient où ils s'étaient déjà rencontrés. Extrait :

- On s'est pas déjà rencontrés ?
- Votre visage me dit quelque chose en effet...
- C'était pas sur un tournage ?
- Peut-être... J'étais sur le Julie Lescaut la semaine dernière et la pub Madrange celle d'avant... Je jouais le rôle du citron...
- Vraiment ? Moi j'ai auditionné pour le rôle du sombrero de Pepito pour sa dernière campagne de pub...
- Mon agent m'a proposé le rôle du poncho, mais j'ai refusé.
- Vous avez des projets en ce moment ?
- Rien de bien affriolant ! Je suis sur le prochain Kassovitz, puis sur le De Caunes, avant d'enchaîner sur la prochaine série de l'été de TF1...

Pour le film de Resnais, il fallait juste marcher au milieu de passants. Le chef op' filmait les pieds des piétons avant de s'arrêter sur ceux du personnage principal (en l'occurrence Sabine Azema, présente sur le plateau bien que non concernée par la scène) que le spectateur va découvrir pour la première fois... Marcher. La chose la plus naturelle au monde. Comme respirer. On m'a filé 67,82 euros bruts pour faire la chose la plus naturelle au monde. Pourquoi ? parce que ça va être gravé sur une pellicule, projeté sur la surface blanche d'un écran, vu par des spectateurs concentrés autant sur leur immense pot de pop corn que sur le film qu'il regarde...
Mais il fallait faire ce boulot sérieusement. On est pro ou on ne l'est pas (moi, en l'occurrence, je ne le suis pas, mais j'aime à penser que je le suis... c'est une part du boulot d'acteur de simuler un certain professionnalisme dont on se réclame à tout va, alors que si un comédien était VRAIMENT professionnel, il fermerait sa gueule et ne ferait pas de caprice de gosse attardé pour obtenir un semblant d'affection) La concentration était donc aà son point culminant...Mes pieds allaient entrer au Panthéon (et non au pantalon) du Septième Art. J'ai donc chaussé ma paire de chaussures Kenzo que je ne sors que pour les grandes occasions... Après ça, on va dire que mes chevilles vont enfler... Plusieurs prises furent nécessaires. Nous devions marcher sur différents tempos.
Alain Resnais était sur le plateau, mais la figuration était réglé par ses assistants. Il était sous une tente à visionner le résutat sur un moniteur et à donner son avis à ses assistants qui répercutaient l'information auprès de la main d'oeuvre. Une chose m'a marqué particulièrement : il est vieux et il fait son âge. 82 ans. C'est le Nestor du cinéma français. Dans les photos, il apparaît comme un sage aux cheveux blanchis par le temps et le visage invariablement lisse. Il est plutôt bien conservé pour son âge, mais ses traits laissaient trahir une espèce de lassitude liée au temps qui lui donnaient une apparence de fin de vie. J'avais la sensation étrange d'être en face d'un réalisateur sentant que cette scène pouvait être la dernière qu'il devait jamais tourner alors qu'il a fait ça toute sa vie... Je ne sais pas à quoi il pensait à la fin de la dernière prise, mais j'ai capté dans son regard comme une forme de mélancolie. La moue songeuse d'une personne qui sait intimement à ce moment-là qu'il risque d'avoir réalisé la dernière scène de son dernier film. Je lui souhaite évidemment d'en faire d'autres (y a pas assez de grands réalisateurs français pour qu'on puisse se passer d'un talent comme le sien), mais j'ai la conviction d'avoir assisté au crépuscule d'un Dieu, au dernier rugissement du lion qui s'apprête à rejoindre le cimetière des éléphants (les félins y ont toute leur place... après tout, qui est le roi de la jungle ?) au côté des illustres réalisateurs qu'il vénère tant...
En tout cas, bon courage, Alain !

dimanche 21 septembre 2008

On connaît la chanson

Mesdames et messieurs les lectrices et lecteurs assidus de ce blog, sachez que vous êtes en train de lire la chronique d'une future star. Je vais en effet faire mes débuts à l'écran sous la direction éclairée d'un des plus grands cinéastes français vivants : Alain Resnais. Je sais que je raconte beaucoup de conneries dans ces colonnes (elles sont d'ailleurs faites pour expulser le trop plein de conneries qui me composent et qui m'environnent), mais là promis, juré, craché, je ne déconne pas...
Flash back. Je me rends à la Cinémathèque jeudi soir pour voir un film de Mitchell Leisen qui m'a été chaudement recommandé par une personne dont les recommandations sont plutôt fiables (ce qui n'est malheureusement pas le cas de tout le monde... combien de fois ai-je eu l'intense pulsion d'étrangler un critique ou une connaissance qui me vantait un film à grands renforts de "il faut absolument que tu ailles le voir"...). J'étais pourtant crevé par une heure de piscine en eaux troubles, et cinq heures de caisse à la FNAC, le tout après une nuit blanchâtre où je n'ai trouvé le sommeil que deux heures la veille. Mais je prends mon courage à deux mains (passion, quand tu nous tiens !)et je vais à la séance de 21 heures voir Les Nuits ensorcelées (Lady in the dark -1944) avec Ray Milland et Ginger Rogers, une comédie qui tente l'improbable association entre la psychanalyse et les numéros chantés composés par Kurt Weill et Ira Gershwin. Le personnage interprété par Gingers Rogers est la directrice d'une revue de mode en proie à une dépression nerveuse et incapable de prendre une décision (elle m'a rappelé moi, qui panique lorsqu'il faut faire un choix entre deux boîtes de petits pois dans les rayons d'un supermarché...) Le film est brillant, enlevé, quoiqu'un peu décousu...


Dans la salle, je rencontre un de mes anciens professeurs de cinéma, auteur d'un ouvrage intiulé L'Atelier d'Alain Resnais et ami de longue date du cinéaste. Les deux compères ont une passion sans bornes pour Kurt Weill et les grands compositeurs américains tels que Stephen Sondheim ou Gershwin. Nous assistons à la séance ensemble et à la fin, François me dit que sont présents parmi l'assistance la productrice exécutive et le directeur de production du dernier film de Resnais, Les Herbes folles, auquel il a assisté en tant qu'observateur privilégié. Nous nous retrouvons à dîner dans une gargote près du POPB où NTM donnait un concert. A la fin du dîner le dir de prod me propose de faire de la figuration sur le film. J'accepte donc enthousiastement.
Le lendemain, je reçois un coup de fil de la personne chargée de la figuration à la production qui me fait part de ses desiderata concernant mon habillement. Il m'indique mon rôle : je dois marcher devant un théâtre et seuls mes pieds seront filmés. Moi qui fait un complexe sur cette partie de mon corps, je suis servi ! Au moins, cette expérience me débarrassera de ses encombrants complexes... Ce n'est pas tous les jours que le plus grand chef opérateur français, Eric Gautier (qui a dernièrement signé la lumière du superbe film de Sean Penn, Into the wild), filme vos panards. Je suis sûr que les semelles Scholl et les chaussures André me contacteront pour leur prochaine campagne de publicité...
Bref, je dois vous quitter, car j'ai un texte à apprendre... Vu mon cachet de 67,92 bruts (en plus, je suis payé... je ne me suis pas imaginé une minute qu'on puisse me payer pour assister en live au tournage d'un film d'Alain Resnais, le réalisateur d'Hiroshima mon amour, Muriel, Mon oncle d'Amérique ou L'Année dernière à Marienbad), je n'ai pas intérêt à me louper... Pourvu que je ne joue pas comme un pied...




La Vie est un roman n'est certes pas son meilleur film, ni le plus connu... mais il y a Vittorio Gassmann...

jeudi 18 septembre 2008

Gomorra


Le film choc de l'été est italien : Gomorra, de Matteo Garone, justement récompensé du Grand Prix du festival de Cannes. Cette plongée réaliste dans les arcanes de la camorra, la redoutable mafia napolitaine, est absolument passionnante. La construction à la Traffic de Soderbergh mêle plusieurs destinées en même temps. Cette choralité permet d'illustrer l'omniprésence de la camorra dans la société italienne, de la haute-couture au traitement des déchets en passant par leur fond de commerce, le trafic de drogue et d'armes. Ce film prend le contrepied de la mythologie "coppolo-scorsesienne" dans laquelle les criminels étaient sapés comme le Prince de Galles et répondait à un code d'honneur bien établi. Garrone tord le cou à cette imagerie en montrant des mafieux mal rasés, puant la transpiration, habitant dans des taudis et fringués comme des prolos du dimanche. Il règle aussi leur compte à deux gamins sécessionnistes qui voulaient faire bande à part en se proclamant de Tony Montaana, le héros du Scarface, de De Palma, mythe parmi les mythes. Une rafale de mitraillette à travers le corps en guise de leçon pour montrer à ces garnements que le système ne pardonne pas. Scarface est mort, la criminalité organisée ne D'autre part, les scènes ont été filmées à Scampia, un quartier du Nord de Naples, la plus grande surface de trafic de drogue à ciel ouvert en Europe, ce qui confère un réalisme surprenant à ce grand film que n'aurait pas renié Francesco Rosi qui en son temps a dénoncé la spéculation immobilière à Naples dans Main basse sur la ville (1963).


Découvrez Pino Di Modugno!


Dans ma précédente vie de bloggeur, j'avais évoqué un ouvrage qui m'avait marqué : Cosa nostra, de John Dickie, qui décrivait les mécanismes de la mafia sicilienne depuis ses origines. J'ai profité de l'été pour continuer mon incursion dans la criminalité organisée italienne en me plongeant dans le passionnant ouvrage de Roberto Saviano, Gomorra, qui constitue un indispensable complément au film. Dans ce livre, les révélations succèdent aux scoops grâce à l'enquête rigoureuse d'un journaliste napolitain de 29 ans qui s'est attiré les foudres de la camorra. Les parrains de l'organisation ont juré sa perte et il doit déménager régulièrement afin d'éviter que son sang soit répandu dans un trottoir napolitain. Son enquête donne une réelle idée de la puissance économique et criminelle d'une des mafias les plus violentes du monde et montre à quel point elle est indissociable de la ville de Naples. La description de la guerre entre clans en 2004 est impressionnante. A voir, à lire et à recommander !

mercredi 17 septembre 2008

Christophe Malavoy

Christophe Malavoy : La plus anonyme des célébrités (à moins que ce ne soit le plus célèbres des anonymes) à être passée à ma caisse. Tellement (in)oubliable que je ne l'ai pas mis dans la liste précédente... Il a fallu qu'il me présente sa carte FNAC pour que je puisse mettre un nom sur son visage qui me disait quelque chose. En lisant son patronyme, j'ai étouffé au fin fond de ma gorge un peu amène : "Ah, vous êtes encore vivants ! Je croyais que vous étiez mort !" Moi qui ai connu les années 80 (et même la seconde partie des seventies), je me souvenais vaguement des films dans lesquels il avait officié : Ma femme s'appelle reviens, La Balance (avec un excellent Philippe Léotard), Souvenirs, souvenirs ou encore Péril en la demeure. Il a ensuite sombré dans l'oubli au tournant des années 90, c'est-à-dire dans la télévision et le théâtre...
A bientôt pour de nouvelles stars oubliées ! Petit rappel : je suis caissier à la FNAC, pas gardien de cimetière...

samedi 13 septembre 2008

VIP

Certaines personnes courent après les stars pour arracher un morceau de signature sur un bout de papier... Moi, les stars viennent vers moi en venant faire leurs courses à ma caisse... Enfin, stars... si je puis m'exprimer ainsi ! Il m'est arrivé de croiser dans les coursives de la FNAC un François Fillon (lorsqu'il était ministre de l'Education Nationale) ou une Muriel Robin (impressionnante de laideur dans la vie réelle... remarquez, dans la vie fictive aussi) lorsque j'étais un simple consommateur, mais depuis que je suis derrière ma sentinelle, quelques noms sont venus faire chauffer leur carte American Express dans ma caisse. Voici une petite liste :

- Paul Amar a fait les soldes au BHV Homme. Mes jeunes collègues de caisse le regardaient en se disant : "Mais où diable ai-je donc vu cet homme ! son visage me dit quelque chose..." Puis, elles se tournaient vers moi avec un regard interrogateur. Je leur réponds que c'est un promoteur de boxe qui souhaitait arranger le combat du siècle entre Bernard Tapie et Jean-Marie Le Pen (jamais j'aurais pensé que j'écrirais le nom de cette souillure dans mon blog immaculé de fascisme). Après avoir réglé, il s'est enquis de la direction des toilettes. J'avais l'impression qu'il me posait une question géostratégique de la plus haute importance. J'avais envie de lui répondre qu'il fallait franchir 2 étages supplémentaires par un escalator gardé par deux gardes frontières ossètes qui veillent jalousement sur le respect de leur territoire et qu'il fallait entamer des pourparlers au plus haut niveau de la diplomatie du BHV pour y accéder lors d'une réunion de crise.

- Frédéric Mitterrand est venu acheter des guides sur l'Italie. Il vient d'accéder à la direction de la Villa Médicis à Rome et désirait sûrement en savoir plus sur les bars sympas de Rome. Il aurait dû demandé au caissier. Je lui aurais filer plein de bons plans... Très sympa, très doux et très patient... J'adorais ces émissions, notamment Les Amants du siècle. Celle consacrée à Fellini et Masina m'a impressionné. Quant à celle qu'il a dédié à Igor Stravinsky et Elsa (je me souviens plus de son nom de famille) m'a littéralement donné le goût des ballets russes (pas au point cependant d'enflier pointes et tutu) J'ai aussi beaucoup aimé son ciné-club qui m'a fait découvrir des films tels que Comme un torrent de Vincente Minnelli, Mirage de la vie, de Douglas Sirk, Le Pigeon, de Mario Monicelli, L'homme aux cent visages et Le Fanfaron, de Dino Risi, Drame de la jalousie, d'Ettore Scola ou encore Les Dames du bois de Boulogne, de Robert Bresson) Il avait eu aussi le bon goût de mettre le thème principal de Taxi driver en générique du ciné-club. Seule erreur de parcours : son soutien à Nicolas Bruni-Sarkozy...


Découvrez Bernard Herrmann!


- Vincent Elbaz a acheté un écran plat dernier cri pour regarder ces exploits dans La Vérité si je mens. Il a l'air désagréable et un brin prétentieux. J'avais le sentiment qu'il jouait un rôle de dur qui n'était absolument pas naturel... Attention aux règlements par chèque qui laissent apparaître l'adresse du client...

Mais, à mes yeux, les véritables stars qui sont passés à ma caisse sont les ami(e)s qui sont venu(e)s me rendre visite à ma caisse, j'ai nommé Claire, Cyrielle, Charlene, Amélie, Mimiche et Boboche. Voici un vrai casting !

vendredi 5 septembre 2008

Mitchell Leisen

La Cinémathèque Française a un immense mérite : elle sort certains réalisateurs injustement rejetés aux oubliettes de l'Histoire pour les remettre au goût du jour grâce à une rétrospective complète. Mitchell Leisen est un de ces metteurs en scène dont le nom n'évoque pas grand chose, y compris auprès des cinéphiles de moins de quarante ans. Ancien costumier, notamment aux côtés de Cecil Blount de Mille (le B. signifie Blount, si vous voulez épatez vos amis lors de soirées frime), il a réalisé de nombreuses comédies avec les plus grandes (et plus belles, ce qui va de paire quand on évoque les années 40) comédiennes de l'époque. Ses dialogues étaient empreints d'une forte charge érotique (si vous croyez que vous allez assister à des orgies ou des parties de jambes en l'air endiablées, passez votre chemin...), même si Leisen se démarquait des auteurs passés à la postérité comme Billy Wilder, Ernst Lubitsch ou Preston Sturges. Il était si renommé dans les années 30-40 qu'il pouvait permettre de griffer ses films de sa propre signature au générique, privilège accordé aux seuls Hitchcock, Capra et De Mille.
Pour ma part, j'ai déjà vu Jeux de mains (avec la sublime Carole Lombard), Remember the night (avec la charmante Barbara Stanwyck), un modèle de mélodrame intitulé A chacun son destin (avec l'exquise Olivia de Havilland), La Dangereuse aventure (avec la pimpante Claudette Colbert), Les Anneaux d'or (avec la charismatique Marlene Dietrich) et le médiocre Masquerade in Mexico (avec la flamboyante Dorothy Lamour). D'autres films devront bientôt suivre comme La Porte d'or, La Baronne de minuit, Boulevards de Paris, La Duchesse des Bas fonds et L'Aventure vient de la mer, ces films les plus renommés... Même remarque que pour Spike Lee : les accompagnateurs sont les bienvenus... Pour le programme, cliquez ICI... En attendant, une salve d'affiche pour vous mettre l'eau aux babouches...








Maladie orpheline

Chouette ! Youpi ! Plum Plum Tralala ! (cette dernière locution onomatopique, je l'ai empruntée à Jean-Paul Belmondo dans je ne sais plus quel film de Godard - je crois que c'est Pierrot le fou) Je souffre affreusement d'une maladie orpheline : le syndrome de Gilbert. Je vous rassure, je n'écoute pas à fond les ballons du Gilbert Bécaud... Celui-ci est même refoulé autoritairement à la frontière de mon Ipod...
Mais tout d'abord, qu'est-ce qu'une maladie orpheline ? C'est une maladie qui n'a pas encore trouvé de traitement... J'ai donc rien trouvé de plus intéressant que contracter une maladie pour laquelle aucun remède n'existe... Je rassure les lecteurs assidus de ce blog qui s'inquiéteraient pour ma santé précaire, si aucun remède n'existe, c'est que les chercheurs ont d'autres chats à fouetter que d'enquêter sur une maladie encore plus bénigne qu'un rhume des foins... Mais c'est quand même la classe de "souffrir" de la maladie de Gilbert (j'aurais quand même préféré un prénom plus classe, type Christopher ou de Marlon)... J'ai tout simplement un taux de bilirubine libre 4 fois plus élevé que la normale et mes yeux prennent à l'occasion une coloration jaune. Pour ce qui concerne la bilirubine libre, prière de s'adresser à messieurs Google ou Wikipédia... Sachez simplement qu'il s'agit d'une enzyme présente dans la vésicule biliaire...
Tout cela ne m'empêche pas d'aller à la piscine et à la Cinémathèque, voire aux deux... Mais pas en même temps (ça c'est pour Mimiche !). Il y a actuellement une rétrospective Spike Lee, un cinéaste à côté duquel je suis passé (de son oeuvre, surtout celle des années 90, pas de lui... encore que les fidèles des matches des New York Knicks au Madison Square Garden peuvent le trouver au bord du parquet de son équipe de basket préférée) J'ai vu hier Nola Darling n'en fait qu'à sa tête, honnête premier film en noir et blanc dans lequel il parle cul dans un registre Woody Allen, sauce blaxploitation. Et demain, je vais me taper Mo'Better blues... J'avias détesté She hates me (avec Monica Bellucci et Jamel Debbouze, mais sans Christian Clavier, ni Gégé Depardieu) et trouvé son Malcolm X un peu académique, mais ses deux derniers films La 25ème heure et Inside man sont absolument géniaux, tant au niveau de l'intensité du scénario que de l'interprétation des comédiens. A voir ! Moi, je vais y aller en tout cas... S'il y a des amateurs pour m'y accompagner, laisser un commentaire en dessous... Pour le programme, c'est ICI que ça se passe...



mardi 26 août 2008

Swimming pool


Découvrez Isabelle Adjani!

Aujourd'hui, j'ai fait quelque chose que je n'étais plus habitué à faire depuis longtemps : payer ma place pour la piscine... En ces temps où l'on nous rabâche à satiété sur la baisse du pouvoir d'achat, c'est toujours bon de connaître certaines combines permettant d'économiser un peu de maille. Entre 13h et 14h30, les caissiers des piscines municipales partent en pause déjeuner et les bassins sont en libre accès à ses heures-là... Moi, quand je prends ma pause à ma caisse à la FNAC, je ne vois aucun client sortir avec un écran plasma 105 pouces ou un Macbook... Dorénavant, j'irai faire mes courses vers 13 heures au Champion pour remplir mon caddie de nourriture gratos...
Avec l'argent épargné, je me suis acheté des lunettes de piscine de compétition dernier cri qui me donnent des allures de Michael Phelps... Cette paire de binocles en silicone est entièrement anti-allèrgénique, les verres sont traités contre la buée et filtrent les UV à 100 %. Je me suis senti comme un gosse de riche qui achète tout l'équipement de football américain (casque, genouillères, maillots avec épaulettes renforcées, crampons 16mm,...) et qui se fait retourner comme une crêpe Suzette lors du premier assaut par un mastodonte aux muscles saillants gonflés aux hormones de mammouth...
Tout ça pour dire que, malgré mon accident (sans gravité), j'ai repris le sport de manière intensive avec coach Mimiche. Tout à l'heure, j'ai même fait un diptyque cinémathèque-piscine avec Le Cri de Michelangelo Antonioni et piscine flottante sur une piscine en bord de Seine... J'étais crevé en sortant de la pistoche sans savoir si c'était l'Antonioni qui m'a le plus fatigué ou la piscine... Je plaisante, Le Cri était vachement bien, annonciateur de L'Avventura avec une actrice que j'adore : Alida Valli... C'est donc parti pour une volée de photos de la belle Alida qui a les plus beaux yeux du monde... Allez voir Senso de Visconti et vous serez convaincus !



lundi 25 août 2008

WALL.E


Les films d'animation de Pixar sont quand même incroyable : on a toujours l'impression de toucher le summum avec le dernier opus, le nec plus ultra en matière d'animation, d'univers et (surtout) de scénario et le suivant passe encore un cap technologique et scénaristique. On croit le sommet indépassable et finalement, on grimpe encore. Qui aurait cru que je puisse être ému par l'histoire d'amour entre une boîte de conserve rouillée et un I-Pod.
L'improbable rencontre de La Belle et le clochard et 2001 : l'Odyssée de l'espace ! fonctionne à merveille. Wall.E est extrêmement touchant dans ce jardin d'Eden post-apocalyptique (une décharge publique à ciel ouverte qui recouvre la Terre) sur lequel il est chargé de veiller lorsque la tentatrice EVE fait son apparition pour trouver une once de vie dans cet océan d'ordures... Il la drague en s'inspirant des numéros chantés de Hello Dolly. Oui, il la séduit en lui faisant écouter la voix sirupeuse de la tartissime Barbra Streisand, c'est dire s'il est costaud... C'est comme si je charmais un top model en lui chantonnant du Lara Fabian...
Cela dit, les vingt premières minutes quasiment sans paroles sont un modèle d'inventivité digne du prologue de ce chef d'oeuvre absolu qu'est There will be blood et des meilleurs Chaplin. A voir et à aimer !

dimanche 24 août 2008

Calcul mental


Découvrez The Beatles!


C'est reparti ! Après deux ans d'accalmie sur le front rénal, les calculs qui ont élu domicile dans mon corps ont décidé de lancer une offensive de grande envergure par la face hépatique...
Petit rappel des faits : une petite douleur sur le flanc droit du corps de l'auteur de ces lignes se fait sentir à ses heures de travail à la FNAC. Rien de bien méchant, mais gênant tout de même... Petit à petit, cette gêne se fait de plus en plus douloureuse et s'accompagne de maux de tête et de nausées. Le rush pré-rentrée passe (on n'arrive pas une machine en route, surtout lorsqu'il faut acheter un nouveau MacBook pour sa progéniture), puis retour à un flux plus tranquille. Mais, les nausées se font plus pressantes. Coup de fil à la responsable vers 19 h, arrivée des pompiers sur les lieux du crime vers 19h15 et c'en est fini d'une journée de boulot avant terme... Direction Cochin ! En me tenant le côté droit, je soupire en pensant à ma tournée des hôpitaux de l'été 2006 qui s'est soldée par trois passages aux urgences, un en clinique, deux échographies, un scanner et plein d'ordonnances avant de déboucher quasi simultanément sur une infection du pied ayant failli se dégénérer en septicémie... Bref, de mauvais souvenirs affluaient à la surface de ma tête déjà préoccupée par mille pensées parasites...
Arrivée à l'hôpital, prise en charge par une charmante infirmière d'accueil dont je n'ai pas réussi à me procurer le numéro de téléphone (aucune maladie ne doit retenir un célibataire "en chasse")... Puis consultation avec un médecin antillais avec un accent à couper à la serpe... L'infirmière était donc un leurre... Ni docteur House, ni docteur Ross, ni docteur Mamour, mais docteur Didier (franchement, je suis incapable de me rappeler son nom de famille qu'il m'a quand même répété trois fois) de Basse-Terre (vive Dom et Tom, alias Gwada et Madinina !) Résultats des courses : rein épargné, mais présomption de colique hépathique (une caillasse dans le foie pour la traduc') L'échographie décidera si intervention il y aura...
En attendant, coach Mimiche va devoir me trouver un programme de remise en forme adapté, vu que je risque de m'éloigner des bassins de piscine dans lesquels j'avais pris la bonne résolution de traîner mes guêtres...
Moralité : pierre qui roule (dans ton rein) achève Moumouche...

jeudi 21 août 2008

Un été au cinéma

L'été est propice à se vider le cerveau au cinéma... Les blockbusters américains arrivent en force pour une occupation massive des écrans du monde entier afin de garder du temps de cerveau disponible pour MacDo et Coca Cola, les deux mamelles de Uncle Sam (au fait, saviez vous que UncleSAm contenaient les initiales de USA... on en apprend tous les jours avec Oncle Mo...) Pour mon retour aux affaires, parlons d'abord des films débiles...

1- Kung Fu Panda. Les plus de 6 mois (la durée de mon semestre sabbatique à méditer sur mon triste sort) savent que j'apprécie particulièrement Jack Black, alias Jabbles. Il prête sa voix (et sa silhouettequelque peu enveloppé) à un panda amateur de savate aérienne avec la grâce d'un hippopotame obèse. Dreamworks devrait se renouveler : ledit panda est un concentré de Shrek pour son côté crade et de l'âne pour son côté "annoying talking animal". Il reprend même les arabesques acrobatiques du Chat. Bref, all quiet in Dreamworks front...



2- Hancock. J'avais bien aimé The Kingdom, le précédent film de Peter Berg (apparemment, je devais être un des rares, mais laissons-le temps faire son oeuvre) Will Smith incarne un super héros mal léché dont le compagnon le plus fidèle est la bouteille de scotch. Jubilatoire au début, grâce à des dialogues poilants... puis le film part en sucette quand la merveilleuse Charlize Théron fait son apparition. Mais on passe un bon moment !



3- La Momie 3 : La Tombe de l'Empereur Dragon. J'ai vu aucun des deux premiers épisodes de la franchise. Les pharaons et les momies égyptiennes ne sont pas réputées pour leur aisance en kung fu. Plaisant, mais creux ! Une parenthèse : Indiana Jones et le secret du crâne de cristal n'a pas le moins du monde répondu à mes attentes. C'est incontestablement la déception de l'année 2008 qui n'est pourtant pas terminé. Je suis un spielbergophile acharné, mais là j'ai pas pu. Je ne sais pas pourquoi les scénaristes américains (Indy ou La Momie) affublent toujours les archéologues d'un rejeton chargé d'incarner à la fois le choc des générations et la nécessaire relève... Ce qui marche à merveille dans Indiana Jones et la dernière croisade tombe à l'eau dans Le Crâne de Cristal et La Momie 3. En ce qui concerne ce dernier, un combat entre Jet Li et Michelle Yeoh ne se refuse jamais... Tous ces films sur les Chinois à cause des JO ! Et la cause tibétaine, c'est du pois chiche !



4- L'Incroyable Hulk. Ang Lee s'y est frotté et a réalisé son pire film, malgré la sublime Jennifer Connelly et l'excellent Eric Bana. Louis Leterrier (qui ça ?) s'y colle à son tour et fait à peine mieux, malgré la sublime Liv tyler et l'excellent Edward Norton. Rendez-nous Bill Bixby et Lou Ferrigno ! A propos de comics Marvel, l'adaptation de Iron Man (avec la sublime Gwyneth Palthrow et l'excellent Robert Downey Jr) est à mes yeux la meilleure adaptation d'un comics depuis fort longtemps (The Dark knight qui fera l'objet d'un traitement particulier ultérieurement dans ces colonnes dépasse le comics, à l'instar d'Incassble de Shyamalan, pour atteindre la qualité supérieure du film d'auteur).

J'évoquerai à votre avide attention mes chefs d'oeuvre estivaux ultérieurement (Wall.E, The Dark Knight, Gomorra)


Découvrez Bobby McFerrin!


Back in town

182 jours sans incident... Non, ce n'est pas le décompte depuis lequel je ne me suis pas métamorphosé en mastodonte qui ferait passer le Géant vert des conserves de maïs pour un lilliputien rachitique (j'ai vu l'incroyable Hulk avant-hier).



182 jours que je n'ai pas utilisé cette tribune pour exprimer mes impressions au soleil levant. Depuis le spectacle fabuleux de Pina Bausch, plus de nouvelles de ma part ! Pourquoi ? Je ne saurais le dire... Enfin, si... mais je le garde pour moi (c'est bien la peine d'avoir un blog pour se défouler et de ne rien dire) Mon boulot pour lequel je fondais beaucoup d'espoirs a foiré, et mon blog a payé pour les autres. Pas de Cannes, pas de scénarios à lire, pas de contacts avec les journalistes ! Nada ! L'UGS (Union Guilde des Scénaristes), que je pensais honnête et réglo, m'a enflé dans les grandes largeurs en me faisant miroiter un job pendant 6 mois alors que les dés étaient pipés. Amertume profonde, nouveaux échecs et retour à la case départ au BHV en passant par Galeries Lafayette Gourmet et la FNAC Eveil et Jeux. En ce moment, je fais un triomphe à la FNAC Montparnasse, dont l'équipe ne cesse de me rajouter des dates supplémentaires.

Mon blog a servi de mouton noir, responsable de tous mes maux... Je n'aurais pas dû y confier mes espoirs et mes envies... Je me retrouve fort contrit à présent... Que vont penser les trois lecteurs fidèles qui me lisaient par amitié ? Bref, l'écriture ne me suffisait plus... Il fallait que je parle. Mais à qui ? Je hurle dans le désert. Hé Ho, je suis là ! Je suis même retourné chez le psy... Mais même elle m'a posé un lapin, cette garce !


Découvrez The Beatles!


Donc sur un coup de tête (et accessoirement une discussion avec une jolie asiatique sur un tchat), je reviens hanter ces lieux pour continuer à parler de ce que j'aime le plus (cinoche, musique, les femmes, la vie, les travers, de nos contemporains, etc.) A défaut de faire du bien, ça ne peut pas faire du mal... mais ça fait quand même du bien de s'exprimer et de ne pas contenir dans un petit corps au regard de l'univers tant de contrariétés ou de bonheur...

Bon, j'vous laisse, je vais préparer mon sac pour la piscine.
Mais quelque chose me dit que vous n'allez pas tarder à me retrouver pour mes impressions cinéphiliques !

mercredi 20 février 2008

Orphée et Eurydice

J'ai passé un moment inoubliable lundi soir en compagnie de ma meilleure amie, de ceux dont on se souvient avec émotion et que l'on se remémore éternellement : la représentation d'Orphée et Eurydice, l'opéra de Christoph Willibald Glück, chorégraphié par Pina Bausch, à l'Opéra Garnier... Mes oreilles résonnent encore de cette musique mémorable et l'image de ces corps aux muscles saillants s'apparentant à des lignes brisées qui se mélangent dans une harmonie chaotique sont toujours imprimées dans ma rétine. Cette féérie cauchemardesque de corps au bord de la rupture m'a littéralement fait monter les larmes aux yeux tant les émotions étaient brûlantes et tant le mythe prend toute son ampleur. Les costumes apparemment dépouillés se drapent de plissés et de vagues sous l'effet d'un mouvement générateur d'émotions fortes. J'aurais voulu comprendre l'allemand pour m'imprégner du mythe d'Orphée que cette danse transcende en lui conférant une dimension catharsique. Le chef d'orchestre a dû sentir dans sa nuque le souffle des râles d'admiration que je ne manquais pas d'expirer, puisque nous étions placés dans l'axe au 4ème rang de l'orchestre... J'étais encore mieux placé que le personnage du journaliste dans Parle avec elle pendant la séquence d'ouverture lors du spectacle de Pina Bausch.
Musique et danse se confondaient à merveille sous la supervision de Chagall dont une peinture orne le plafond du Palais Garnier, écrin idéal pour un spectacle qui tient autant de la performance que de l'expérience. D'habitude, mon esprit a tendance à vagabonder lors des spectacles lyriques... mais pas là ! J'étais happé par ce mouvement frénétique digne des peintures futuristes italiennes qui décomposaient le mouvement.
Amateurs de Pina (qu'il faut porter au pinacle) ! Ne ratez pas sa création de Bamboo blues au Théâtre de la Ville à partir du 16 juin...
En attendant, voici quelques images (merci qui ?)








dimanche 17 février 2008

Le Crâne de cristal

Vivement le mois de mai pour que l'original supplante son infâme avatar (Benjamin Gates pour ne pas le nommer)

Last days


Je rassure les lecteurs de cette tribune. Je ne cherche pas à éliminer toute trace de ma présence par une auto-disparition physique par voie violente. Les derniers jours en question dans ce message sont ceux que j'ai passés dans un grand magasin du centre de Paris puisque ma mission maintes fois prolongées sous la pression sans cesse renouvelée de mes patrons (et accessoirement de mon banquier) J'ai tiré les enseignements de cette expérience et je me retire définitivement de la vie politique du BHV... Contrat bel et bien terminé et pas question de le prolonger de nouveau... même sous la torture de la goutte d'eau.
A présent, une vie normale m'attend pendant une semaine... à savoir glandouille, cinoche, peut-être une mise au vert hors de la frénésie parisienne (Bruxelles ? Londres ? Vienne ? Bilbao ?) avant de reprendre une aventure plus en rapport avec mes aspirateurs... pardon, mes aspirations (j'ai passé trop de temps au rayon électro-ménager !). Je vais contribuer à organiser la 3ème édition du Marché du scénario à partir de la semaine prochaine. Cette manifestation a lieu pendant le festival de Cannes où je me rendrais du 13 au 24 mai prochain. L'Union Guilde des Scénaristes s'est finalement attaché mes services, grâce leur en soit rendue !
L'air de rien, ces trois mois qui nous séparent de l'événement ne seront pas de trop pour mener à bien cette mission. Les préparatifs s'annoncent importants. Il faut que je me trouve un costard qui puisse impressionner les nénettes, penser à la crème solaire, s'assurer que la piscine de la villa soit à la température idéale au mois de mai, avoir un droit de regard sur la composition du buffet, repérer les différents lieux qui bougent avant les autres, faire du lobbying auprès des gens du festival pour avoir une place pour l'avant-première mondiale en présence de Spielberg d'Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal (pour le trailer en HD, cochez ICI),... Bref, toute une organisation à mettre en place pour un séjour cannois plein de paillettes, de starlettes et de buvette. La perfection est dans le détail !
Je me réjouis de vous conter par le menu mes prochaines aventures en Côte d'Azur.

free music

vendredi 15 février 2008

Diane Kruger








Benjamin Gates


Osons le dire ! J'ai rarement vu tel amas stellaire de conneries au mètre carré... Je reçois un scénario comme celui-là, je suis mort de rire en le lisant ! Chaque situation était encore plus loufoque que la précédente. Si cela ne suffit pas de kidnapper le Président des Etats-Unis pour qu'il prête un bouquin à Benjamin Gates, on construit une cité inca dans le Dakota du Nord (les pauvres Amérindiens devaient se les peler pour transporter l'or nécessaire à l'élévation de l'édifice jusqu'à la frontière canadienne depuis le Pérou). Le coup de grâce ? Le Mont Rushmore (monument commémoratif sculpté à flanc de montagne afin de célébrer les Présidents des Etats-Unis) a été construit uniquement pour camoufler le trésor des Incas. Hitchcock doit se retourner dans sa tombe en voyant à quel point ce momument qu'il a magnifié dans La Mort aux trousses est traité comme une vulgaire planque de trésor.
Nicolas Cage, Jon Voight, Harvey Keitel, Ed Harris, Diane Kruger, Helen Mirren (cette dernière a dû servir de guide pour la séquence de Buckingham Palace puisqu'elle y a ses entrées depuis qu'elle a interprété The queen devant la caméra de Stephen Frears) sont d'excellents acteurs, mais ils ne peuvent quand même pas nous fiare gober des bobards aussi ridicules... C'est incroyable ce que les gens peuvent croire comme âneries du moment qu'elles sont prononcées avec conviction par des personnages ayant un fort capital sympathie ou dont la fonction incite à la crédibilité. Je comprends que les Américains soient allés faire la guerre en Irak. Une étude récente a montré que W et ses sbires ont menti environ 953 fois à propos de l'Irak et des armes de destruction massive. Certes, le cinéma est un grand mensonge, mais un minimum de crédibilité permet à l'illusion de fonctionner. Cela étant dit, si Diane Kruger m'affirmait que la Tour Eiffel a été bâtie par les pharaons d'Egypte et recèle
dans son armature le secret de la fabrication d'un dentifrice capable de faire pousser les cheveux, je la croirais volontiers en échange d'un dîner en tête à tête avec les chandelles comme uniques témoins... Allez, une salve de photos de Diane Kruger pour faire passer le goût du navet...

jeudi 14 février 2008

Henri Salvador (1917-2008)


Henri Salvador a cassé sa pipe... Il rejoint Carlos dans le pantalon... pardon, le Panthéon (pour y aller, il faut prendre le RER B et descendre à la station Luxembourg), des chanteurs populaires de notre douce France...
Henri a joué dans toutes les plus grandes scènes parisiennes, sauf l'Olympia ! Les Coquatrix voulaient l'enfler en lui proposant des contrats dérisoires. Un jour, il accepte de discuter avec eux et de signer pour une série de concerts. Il examine attentivement le document. Au moment d'apposer son paraphe au bas des deux exemplaires du contrat, il a une inspiration de génie. Sur le premier, il signe : "Mes couilles..." et sur le second : "Toujours les mêmes..." avant d'éclater du rire d'un garnement pas peu fier du tour pendable qu'il vient de perpétrer. Cette anecdote m'a beaucoup fait rire.
Bon courage, Henri !

PS : j'aurai bien mis un morceau du père Henri, type Zorro est arrivé, sans se presser, le beau Zorro.... mais Radioblog est en maintenance depuis une semaine et n'a pas encore ouvert...

lundi 11 février 2008

Roy Scheider (1932-2008)


Un grand acteur s'en est allé. Marathon man, de John Schlesinger, et All that jazz, de Bob Fosse, sont deux de mes films préférés des années 70, sans compter Les Dents de la mer, un des plus grands succès de l'histoire du cinéma. Il a respiré l'haleine du grand requin blanc et a survécu, c'est dire s'il était fort, le bougre !
RIP Roy.


En hommage, voici le mémorable numéro "Bye bye life" dans All that jazz dans lequel Roy Scheider est absolument formidable...


Sweeney Todd

J'ai attendu le 41ème jour de l'année 2008 pour aller au cinéma. Je ne suis que rarement resté aussi longtemps sans m'asseoir dans une salle obscure devant un écran XXL. Mais, le cinoche, c'est comme le football (du moins le foot international, et non le français et sa cohorte de 0-0), une fois que le score est ouvert, les buts s'empilent... Je ne devrais donc pas tarder à reprendre le chemin de l'UGC, d'autant plus qu'il me reste une place dans une carte à utiliser avant le 17 février (en sachant que je ne peux pas en jouir le week-end et que je bosse en semaine, sauf le 14, jour où j'ai plein de rendez-vous...)
41ème jour de l'année donc... J'ai dépucelé l'année 2008 avec un Tim Burton. Certes, pas le meilleur Tim Burton (loin de là), mais un film plaisant. Sweeney Todd est une comédie musicale sanglante écrite par Stephen Sondheim, inconnu en France (sauf d'Alain Resnais et de François Thomas, un prof de fac de cinéma que je salue au passage), mais légende vivante aux Etats-Unis et en Grande Bretagne (il a notamment composé le livret de West side story).
Les morceaux sont quelque peu répétitifs, mais Timmy reste fidèle à son univers ténébreux. Il utilise la couleur uniquement pour les souvenirs, et se contente de teintes de noir, de blanc et du rouge pour la détestable réalité londonienne.Johnny Depp y incarne avec beaucoup de brio (pourtant, je ne suis pas fan de cet acteur) un barbier de retour à Londres pour se venger du juge Turpin qui a violé sa femme et kidnappé sa fille. Il maniait déjà des ciseaux aiguisés dans Edward aux mains d'argent de son complice Tim Burton. On ne devrait pas lui mettre des instruments contondants entre les mains au père Johnny.
Le casting fait la part belle aux acteurs british et semble un catalogue des plus illustres Mangemorts, à commencer par Bellatrix Lestrange (alias Helena Bonham Carter, alias mrs Tim Burton), Severus Rogue (Alan Rickman, la crapule de service) et Wormtail (aka Peter Pettigrew, aka Timothy Spall). Chaque apparition de Sacha Baron Cohen (lui aussi sujet de Sa Grâcieuse Majesté) suffisait à me donner un franc sourire qui tendait vers le rire. Il jouait le rôle d'un barbier italien concurrent de Sweeney Todd, qui finira par avoir la gorge tranchée. Son accent italien et sa moustache faisait irrémédiablement penser à Borat...Le plan final aux allures de pietà est une scène à couper au rasoir (je sais, c'est facile) digne du meilleur Scorsese... Elle confère au film une dimension mystique.
Pour finir, un message personnel... Joyeux anniversaire à ma grande amie Leticia qui fête ses trente ans aujourd'hui. Tu me manques beaucoup. Je pense à toi avec beaucoup de tendresse. Je t'embrasse bien fort . Parabens.

mardi 29 janvier 2008

Casa Milà

Les photos ci-dessous ont été prises par votre serviteur lors de son séjour à Barcelone en août 2005.



Mobilier de la Casa Milà, tendance Art déco

Passeig de la Gracia : même les lampadaires sont griffés Gaudi

La Leçon de (Renzo) Piano


Je viens de recevoir mon cadeau de Noël le 28 janvier (merci Boboche !) Le coffret était en rupture de stock et il a fallu attendre que l'inventaire ait lieu chez ARTE pour qu'il soit remis en circulation. Mais le moins que je puisse dire est que ça valait le coup d'attendre... Ces cinq DVD regroupant 29 documentaires sur les chefs d'oeuvre de l'architecture moderne sont simplement inidspensables et incontournables. Comprendre les origines d'un bâtiment permet de mieux appréhender l'importance de telle oeuvre.
Rapport de bon voisinage oblige, j'ai commencé la série par le documentaire consacré au Centre Georges Pompidou. Il m'arrive fréquemment d'y aller en sortant du BHV afin de me soulager d'une envie pressante. A tel point que j'ai coutume de dire que Beaubourg est une pissotière dessinée par Renzo Piano... Tout le monde ne peut pas se vanter de faire sa vidange dans des toilettes imaginées par le créateur de la Tour du New York Times. En plus, il y a dans les WC un sèche-mains révolutionnaires qui empêche les impuretés de se propager dans l'air car on passe ses mimines par une ouverture se trouvant en haut et le jet d'air chaud est supérieurement puissant. Un vrai chef d'oeuvre d'art moderne ! Ceci dit, j'ai appris plein de trucs sur la genèse du Centre Pompidou qui lui donne une nouvelle dimension à mes yeux. Cette manière unique d'exposer (c'est le cas de le dire pour un musée) ce qui est habituellement soigneusement dissimulé - à savoir escalier mécanique, coursives, structures métalliques, tubes et tuyaux, plate-formes, monte-charge, systèmes d'aération... - dans un enchevêtrement apparemment anarchique offre à l'édifice toute sa singularité. Le bâtiment est autant une oeuvre d'art que les objets exposés à la vue des nombreux specateurs.

Immeuble du New York Times dessiné par Renzo Piano inauguré en 2007

Autre documentaire visionné : la Casa Milà à Barcelone imaginée par le grand architecte catalan Antoni Gaudi. J'ai eu l'occasion de me rendre il y a deux ans à Barcelone (pas seulement pour me prélasser au bord des plages catalanes ou faire un pèlerinage au Camp Nou, antre du FC Barcelone, meilleure équipe d'Espagne et d'Europe, n'en déplaise aux Madrilènes) pour suivre les traces de Gaudi. L'escale à la Casa Milà fut particulièrement passionnante. La terrasse est impressionnante. La structure organique et le jeu sur les matières confère un aspect fantastique au bâtiment. Michelangelo Antonioni y a tourné une séquence magistrale de Profession : reporter en 1974. A visiter absolument à Barcelone du même Gaudi : la Sagrada Familia, le plus beau work in progress de l'histoire de l'architecture, la Casa Battlo (qui se trouve Passeig de la Gracia - l'équivalent des Champs Elysées barcelonais - à 100 mètres de la Casa Milà) et le parc Güell... L'Art Nouveau à son expression la plus élevée.

Prochains documentaires à mon programme : l'Alhambra de Grenade et ... le musée Guggenheim de Bilbao par Frank Gehry (note à Sebika : plus que deux semaines de BHV et je pourrai enfin m'y rendre...)

PS : La boulette de la semaine est à mettre au crédit de Christine Albanel, Ministre de la Culture et ancienne directrice du Château de Versailles. Elle s'est naturellement étonné : "A qui ai-je l'honneur ?" lorsque Jean Nouvel, un des architectes les plus connus au monde, à qui il a été confié la pharaonique tâche de construire une succursale du Musée du Louvre à Dubaï, s'est avancé vers elle pour lui serrer la main. Roselyne Bachelot a désormais une sérieuse concurrente pour les bourdes...

lundi 28 janvier 2008

Droit de réponse


L'attaché de presse de Daniel Barenboïm m'a fait savoir que son client a été quelque peu heurté par le fait qu'il ne soit pas la tasse de thé de Mimiche. Passe encore qu'Alain Duault ou Eve Ruggeri lui cherche des poux dans la tête. Mais qu'une sommité comme Mimiche, lui qui peut se targuer d'avoir visité l'Orchestre Philarmonique de Berlin et d'avoir rencontré le grand virtuose chilien du piano Claudio Arrau, le critique vertement l'a meurtri dans sa chair... Il convient donc de rétablir la vérité. Mimiche pense que Daniel Barenboïm n'est pas son directeur musical préféré, mais il lui reconnaît un immense et incontestable talent. Il faut également lui reconnaître un remarquable courage puisqu'à sa double nationalité argentine et israélienne, il a ajouté un passeport palestinien à sa collection. Il a notamment créé en collaboration avec Edward Saïd une fondation visant à promouvoir la paix au Proche-Orient au travers de la musique classique, initiative lui ayant attiré de violentes critiques en Israël. Ceci s'est concrétisé en un atelier musical et un orchestre israélo-arabe : l'Orchestre Divan occidental-oriental. Il est d'ailleurs fait Commandeur de la Légion d'Honneur depuis mars 2007 pour récompenser son engagement en faveur de la Paix.
Son interprétation au piano des Nocturnes de Chopin est d'ailleurs disponible chez Deutsche Grammophone.
Dont acte.


La leçon de piano




Que faire lorsque l'on est enfermé dans sa chambre un dimanche entier (un dimanche ensoleillé de janvier, qui plus est) en raison d'un pied endolori enserré dans un solide bandage ? On écoute de la musique classique en lisant un bon livre, mon général !



Je suis plutôt novice en la matière et je suis loin de posséder les connaissances encyclopédiques de mon grand ami devant l'Eternel, j'ai nommé le seul et unique Mimiche, qui parle de la musique comme d'un bon vin : tel pianiste russe a un toucher élancé et un doigté léger, tel autre compositeur a une musique fruitée qui excite les papilles comme on dirait d'un grand cru qu'il tient bien en bouche... Selon lui, le piano est l'instrument majuscule qui suffit à retranscrire une palette d'émotions incomparable. En ce sens, les compositeurs romantiques, Chopin et Liszt en tête de gondole, recueillent unanimement ses faveurs. Dans le livret accompagnant le CD (la musique classique est tellement sacrée qu'il est hors de question de la télécharger comme un vulgaire tube de Karen Cheryl...) des concertos pour piano et orchestre de Chopin et Liszt édité par Deutsche Grammophon apparaît ce commentaire : "Le piano est l'instrument privilégié de l'expression romantique, parce qu'il se suffit à lui-même et se prête le mieux à l'aveu des tourments intimes... Chopin est le premier à savoir tirer d'extraordianires sonorités de cet instrument. C'est comme si avant lui, les classiques écrivaient en noir et blanc pour le piano, et que tout d'un coup, Chopin en avait découvert l'incroyable palette chromatique !"



Mimiche m'a fait une liste (une Liszt... ha ha ha) des meilleurs interprètes des meilleurs compositeurs. Il m'a notamment spécifié que les interprétations de Glenn Gould confinaient au sublime, notamment ses Variations de Goldberg de Bach. Il m'a demandé de prêter une oreille attentive à Martha Argerich, Tamas Vasary, Aldo Ciccolini et bien sûr Artur Schnabel. En direction orchestrale, Claudio Abbado et Herbert von Karajan font partie du gotha, au contraire de Daniel Barenboïm qui ne trouve pas grâce à ses yeux.



Un petit clin d'oeil à ma douce amie de Bruxelles pour qui j'éprouve tant d'affection. Lors de mon séjour estival belge, nos soirées se finissaient invariablement sur plusieurs airs de musique classique. Je te dédicace donc ce morceau accompagné de toute ma tendresse.



Je dédicace également ces gymnopédies d'Erik Satie à ma meilleure amie dont la douceur et la générosité n'ont d'égale que ses profondes qualités humaines. Un gros bisou plein de reconnaissance
à toi ! Je suis impatient de voir avec elle Orphée et Eurydice, l'opéra de Gluck chorégraphié par Pina Bausch.



Enfin, pour Boboche, seul un génie comme Beethoven est capable de se hisser à la hauteur de ses qualités.



Les amours passent et les amis restent...tout comme la grande musique qui traverse les siècles. Qui a dit que je n'étais pas un grand romantique ?

vendredi 25 janvier 2008

My left foot


Entorse du pied gauche avec distorsion du ligament antérieur de la cheville. Port d'une attelle pour maintenir la cheville serrée assortie de béquilles. Sans compter la bande de contentionélastique cohésive qui adhère sur elle-même et les anti-inflammatoires. Une radio du tarse et du métatarse à l'Hotel-Dieu. Deux consultations chez un généraliste et une après-midi aux urgences (où le médecin m'a prescrit une attelle pour la cheville droite alors que c'est la gauche qui est meurtrie dans sa chair) Voilà ce qu'il en coûte pour courir derrière un bus, de surcroît pour le rater ! On m'a également proposé un arrêt-maladie, mais j'ai refusé. Même s'il m'arrive de bosser comme un pied, je sollicite plus mes mains et ma tête dans mon boulot. Je suis caissier au BHV, pas rugbyman au Stade Français.
Mais je découvre les joies de la vie d'un éclopé : les personnes qui se lèvent dans le métro pour vous laisser leur place chèrement gagnée contre une concurrence acharnée aux heures de pointe, les collègues qui se dévouent pour vous chercher un café, les gens qui t'ouvrent les portes... Je n'ai pas forcément besoin de mes béquilles pour marcher, mais je les emmène avec moi (malgré l'encombrement) afin que l'on libère une place dans les transports en commun. Déjà que je râlais contre le manque d'accessibilité pour les handicapés dans le métro quand j'étais valide ! Maintenant que je suis infirme, la simple vue d'un escalier me donne le vertige. J'ai l'impression qu'on me demande d'escalader l'Everest. Et que dire des escalators ! Je reste parfois plusieurs secondes avant de m'engager vers ces marches roulantes de peur de tomber à la renverse devant tout le monde.
Je découvre également la lenteur dans la trépidante vie parisienne. Dix minutes pour aller du BHV à la place du Châtelet alors que ce trajet me prend habituellement 2 minutes... C'est à peine si une vieille ne va pas me proposer de m'aider à traverser une rue. Evoluer à Paris s'apparente à une course d'obstacles pour une personne à mobilité réduite. Un vrai parcours du combattant ! Attention, poussette à neuf heures... Fais gaffe sur ta droite, un vélo déboule à contresens ! Pffff, je l'ai échappé belle, c'était moins une... On remet ça demain !



Je veux une béquille qui ressemble à la prothèse de Rose Mac Gowan dans Planète Terreur afin de me débarrasser des méchants...


jeudi 24 janvier 2008

Bon courage (2)

Dailymotion a exercé une censure inaceptable sur son site. Ils ont retiré l'annonce du décès de Carlos par un journaliste qui voulait lui souhaiter une bonne continuation. Qu'à cela ne tienne ! J'ai retrouvé ICI-MÊME ce faire-part. La journaliste a migré de France Info à RMC Info, mais qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse... et le moins que l'on puisse dire, c'est que le journaliste en avait un coup derrière le nez. Sacré Carlos !

Heath Ledger (1980-2008)



C'est moche de mourir à 28 ans, quelles que soient les raisons... surtout pour un des acteurs les plus prometteurs de sa génération. Le Secret de Brokeback mountain d'Ang Lee est au sommet de ma pile (haute comme l'Empire State Buillding) de DVD à voir de toute urgence... mais sa performance de cow boy amoureux d'un autre homme (il est réducteur de traiter son personnage de cow boy gay) a été unanimenment saluée par le public et les critiques. Il sera à l'affiche en 2008 dans le prochain Batman, The Dark Knight, de Christopher Nolan, dans lequel il prête ses traits au Joker.
Bon courage, Heath !


Ce décès n'est pas sans rappeler la mort précoce d'un autre enfant prodige, River Phoenix en 1993, à l'âge de 23 ans... Une pensée pour River à travers Stand by me, dont j'ai vu récemment le film au titre éponyme de Rob Reiner (1986). Point commun entre les deux acteurs : ils ont tous les deux interprété un personnage emblématique d'homosexuel... Le rôle de River Phoenix dans My own private Idaho, de Gus Van Sant (1991), est en effet dans toutes les mémoires (sauf dans la mienne, puisque je n'ai pas vu ce film qui est aussi sur la liste des films à voir bientôt).
Bon courage, River !



Bon courage



Un hommage comme celui-là, on en reprendrait bien à chaque repas... Le journaliste de France Info souhaite un bon courage à Carlos pour sa fantastique mort que le monde entier lui envie... Pour un peu, il lui aurait souhaité un prompt rétablissement, une bonne cure de thalasso, un bon appétit, un bon réveillon ou une bonne année...


dimanche 20 janvier 2008

Gustave Courbet au Grand Palais


J'ai fait ma première sortie culturelle parisienne de 2008 la semaine dernière (si j'excepte une pige à la caisse au rayon librairie du BHV) : je suis allé voir l'exposition consacrée à Gustave Courbet au Grand Palais. C'est sans aucun doute une des meilleures expos que j'ai vu depuis fort longtemps... depuis celle qui a été dédiée à Georges de la Tour en 2000. Il y a match aussi avec celle sur Magritte que j'ai vue à Rome en 2001 (ça fait classe de dire qu'on va voir des expos à l'étranger !)
On (le fameux "on", celui qui sait tout et qui se permet de donner des conseils sans qu'on le lui demande) m'en avait dit le plus grand bien. Il fallait que je la rate sous aucun prétexte. J'ai bien fait d'écouter "on" La construction thématique témoigne de la façon dont il a révolutionné (une révolution de velours, presque invisible) certains genres (le portrait, la scène de paysage, la chronique, le nu et les scènes de chasse). Ses paysages annoncent presque Cézanne. Sans Courbet, point d'impressionnisme... Il fallait passer par le réalisme avant de déconstruire, surtout à une époque où la photographie commençait à libérer les peintres du carcan de la ressemblance. La mimesis est dépassée au moyen de détournement des règles picturales (une scène intime dans les dimensions d'un tableau historique pour Un enterrement à Ornans par exemple), ce qui lui a valu de se faire refouler à plusieurs reprises des salons de peinture.
La salle des tableaux érotiques ressemblent à un peep show dans lequel des photos de l'intimité velue de femmes est exhibée au regard du spectateur. L'Origine du Monde y trône dans toute sa splendeur en compagnie de toiles quasi-saphiques ou de nu lascif. L'histoire de ce tableau est remarquable. Il a appartenu à Lacan et a été retrouvé chez Sylvia Bataille (qui a joué dans Partie de campagne, le film inachevé de Jean Renoir en 1936), épouse de Geoges Bataille après bien des pérégrinations. Notre monarque absolu, tsar de toutes les provinces de France, Nicolas Ier, a fait une visite privée de l'exposition (Carla Bruni-Tedeschi ne l'a pas accompagné, car elle est réservée seulement pour le château de la Belle au Bois Dormant ou le space-mountain à Disneyland Paris) et s'est fait photographier devant la moitié des toiles (il y en a quand même plus d'une centaine), sauf devant ce pubis lui rappelant peut-être un peu trop celui de sa dulcinée...



Pourquoi Je t'aime moi non plus ? Une chanson érotique et anticonventionnelle, symbole de l'incompréhension et du malentendu, représente bien, à mon sens, l'oeuvre de Courbet. En plus, ça faisait longtemps que j'avais envie de la caser quelque part.

mercredi 16 janvier 2008

Come back




Le milieu du cinéma est décidément un milieu de travers. C'est un des rares milieux dans lequel une réunion prévue de longue date peut être annulée deux heures avant qu'elle n'ait lieu malgré les précautions prises (demande de confirmation par téléphone et par mail notamment).
Je devais me rendre la semaine dernière à une réunion afin de décider de mes nouvelles attributions dans le cadre de l'organistation de la troisième édition du Marché du Scénario à Cannes, mais elle a été annulée après le dernier moment pour des raisons personnelles. La réunion est repoussée pour la fin du mois de janvier (je tiens néanmoins à préciser que l'UGS est composée de gens réglo, ce qui est rare dans ce métier. Ma critique se dirige plus vers les moeurs en vigueur dans le cinoche que les personnes proprement dites). Le hic, c'est que je me suis désengagé du BHV (c'est que je commence à y prendre goût à mes fonctions de caissier...) alors qu'ils m'ont proposé de continuer. Ils sont en effet satisfait de mes services (autre différence notable avec le cinéma : au BHV, pas de période d'essai gratuite, je suis rémunéré même pour ma période de formation, alors que pour travailler dans le cinéma, il n'est pas rare de bosser gratos et même parfois d'en aller de sa poche...). Mais j'ai pris soin de signaler mon rendez-vous à la direction en leur demandant s'il pourrait me reprendre pour les soldes en cas de besoin. Je les ai donc appelé et ils ont accepté que le fils prodigue regagne son domicile. A l'instar de Paul Young, les caissières ont entonné cette supplique :

Why don't you come back, please hurry...
Why don't you come back, please hurry...
Come back and stay for good this time !.
Come back and stay for good this time !


Je n'ai pas pu résister au chant des sirènes...

Voilà, vous n'en avez sûrement rien à cirer de mes aventures de caissier au BHV (moi-même, ça m'ennuie parfois), mais je n'avais rien à dire en ce moment et il faut bien alimenter cette chronique... Alors je meuble ! Bon, j'ai bien vu deux Raoul Walsh (dont l'excellent Bungalow pour femmes, avec la splendide et plantureuse Jane Russell, que je recommande vivement pour qui aime les films d'amour, d'argent et de guerre) et quelques films classiques français intéressants (Les Jeux sont faits, de Jean Delannoy sur un scénario de Jean-Paul Sartre [1947], Le Ruisseau, de Claude Autant-Lara [1938]), ainsi que la série des Don Camillo, mais rien de bien follichon...
A part ça, toujours pas allé au cinoche en 2008 (je compte voir bientôt Into the wild, de Sean Penn, Sweeney Todd, de Tim Burton et No country for old men, des Coen brothers), ni vu d'expo (j'ai raté Arcimboldo au grand dam de Boboche)...
De toute façon, vous serez au courant de mes activités dans ces colonnes.